Chaque PME a une liste de clients quelque part : dans son logiciel de facturation, sa boîte de réception ou un classeur de soumissions. Le marketing par courriel transforme cette liste en ventes, sans payer de publicité pour joindre des gens qui vous connaissent déjà. C’est pourtant le canal que bien des dirigeants laissent dormir, faute de temps ou par crainte de déranger.
Faits Saillants
- Le courriel est le seul canal que votre PME possède vraiment.
- Une liste bâtie avec consentement, selon la LCAP et la Loi 25, prend de la valeur.
- Bienvenue, relance de soumission, demande d’avis : trois automatisations suffisent.
- Mesurez les clics et les ventes plutôt que le taux d’ouverture.
Pourquoi le marketing par courriel reste le canal le plus rentable
Sur Facebook, Instagram ou Google, vous louez l’attention. Vous payez pour être vu, et la plateforme fixe les règles : elle peut modifier son algorithme, hausser ses prix ou réduire votre portée du jour au lendemain. Vos abonnés sur une page ne vous appartiennent pas vraiment.
Votre liste de courriels, elle, vous appartient. Vous pouvez l’exporter, changer d’outil et écrire à vos clients demain matin sans demander de permission. Une fois la liste bâtie, le coût d’un envoi se limite essentiellement à l’abonnement de votre outil et au temps de rédaction.
La publicité s’adresse surtout à des inconnus qu’il faut convaincre de tout. Un courriel marketing envoyé à vos clients actuels et anciens part avec une longueur d’avance, parce que la confiance est déjà établie. Une offre bien ciblée peut ainsi générer des ventes en quelques jours, alors qu’une nouvelle campagne publicitaire met souvent quelques semaines à trouver son rythme.
Le courriel ne remplace pas l’acquisition payante : il la rentabilise. Un prospect attiré par Google Ads ou Meta Ads qui s’inscrit à votre liste peut ensuite être joint de nouveau, sans frais. Dans le modèle de l’entonnoir de conversion, le courriel occupe justement les étapes que les PME négligent le plus souvent : la décision et la fidélisation.
Bâtir sa liste légalement : la LCAP et la Loi 25
Voici les grands principes, sans avis juridique : pour une situation particulière, consultez un conseiller juridique.
Le consentement : exprès ou tacite
La Loi canadienne anti-pourriel (LCAP) exige le consentement du destinataire avant l’envoi d’un message électronique commercial. Le consentement exprès est le plus solide : la personne a elle-même coché une case ou rempli un formulaire indiquant clairement qu’elle accepte vos courriels. Une case cochée d’avance ne suffit pas.
Le consentement tacite existe aussi lorsqu’une relation d’affaires est établie : un achat, un contrat, une demande de renseignements. Il est toutefois limité dans le temps, de façon générale deux ans après un achat et six mois après une demande de renseignements. Profitez donc de chaque contact pour obtenir un consentement exprès, valide jusqu’à son retrait.
Identifier l’expéditeur et faciliter le désabonnement
Chaque courriel commercial doit identifier clairement l’entreprise qui l’envoie et fournir des coordonnées valides, dont une adresse postale. Il doit aussi offrir un désabonnement simple et gratuit : un lien qui fonctionne en un ou deux clics. La loi prévoit un délai maximal de dix jours ouvrables pour traiter la demande ; les outils d’envoi l’appliquent généralement sur-le-champ. Les sanctions prévues en cas de manquement peuvent être lourdes.
Ce que la Loi 25 ajoute au Québec
La Loi 25 encadre la collecte et l’utilisation des renseignements personnels au Québec. Pour une infolettre, elle impose quelques réflexes : expliquer à quelles fins vous recueillez une adresse, ne demander que les renseignements nécessaires, publier une politique de confidentialité et désigner une personne responsable de la protection des renseignements personnels. Si votre outil conserve les données à l’extérieur du Québec, ce qui est fréquent, la loi prévoit aussi une évaluation préalable de ce transfert.
Ces exigences servent aussi votre stratégie : une liste de gens qui ont demandé à vous lire vaut mieux qu’une liste achetée, à proscrire de toute façon.
Que mettre dans une infolettre : types de courriels et exemples
Cinq types de courriels à connaître
- L’infolettre de contenu : conseils, nouveautés, coulisses ; elle entretient la relation entre deux achats.
- Le courriel promotionnel : une offre précise, une date limite, un seul appel à l’action.
- La relance de soumission : un suivi envoyé quelques jours après une soumission restée sans réponse.
- La série de bienvenue : deux ou trois courriels qui présentent l’entreprise à un nouvel abonné.
- Le courriel de réactivation : un message aux clients qui n’ont rien acheté depuis longtemps, avec une vraie raison de revenir.
Trois exemples d’infolettre pour des PME québécoises
Une quincaillerie de quartier. Au début de chaque saison, une infolettre courte présente trois travaux à prévoir, comme calfeutrer les fenêtres à l’automne, la liste du matériel nécessaire et un rabais valable une semaine en magasin. Le conseil justifie l’ouverture ; le rabais déclenche la visite.
Un entrepreneur en rénovation. Une fois par mois, un projet réalisé est présenté en photos avant et après, avec la durée des travaux, puis une invitation à demander une soumission avant que le calendrier de la saison se remplisse. Le courriel sert de portfolio et crée une urgence légitime.
Une clinique de physiothérapie. Chaque envoi propose un conseil pratique, par exemple des étirements pour le travail de bureau, rappelle que la réservation se fait en ligne et suggère de vérifier sa couverture d’assurance avant la fin de l’année. Aucune promotion : la valeur du conseil suffit à ramener les patients.
Créer une infolettre : fréquence et choix de l’outil
À quelle fréquence envoyer ?
La bonne fréquence est celle que vous pouvez tenir. À titre indicatif, une ou deux infolettres par mois conviennent à la plupart des PME : assez pour rester présent à l’esprit, pas assez pour lasser. La régularité compte davantage que le volume, et un signal ne trompe pas : si les désabonnements grimpent après chaque envoi, vous écrivez trop souvent ou pas assez utilement.
Choisir un outil d’envoi
Mailchimp, Brevo et plusieurs autres plateformes offrent les fonctions essentielles : formulaires d’inscription, gabarits, segmentation, automatisations et statistiques. Plusieurs proposent un forfait gratuit pour une petite liste, puis un prix qui augmente avec le nombre de contacts. Plutôt que de chercher le meilleur outil dans l’absolu, vérifiez l’intégration avec votre site web, la facilité d’utilisation, l’interface en français et l’endroit où les données sont hébergées.
Faites aussi authentifier votre domaine d’envoi (SPF, DKIM et DMARC) : sans cela, une partie de vos courriels risque d’aboutir dans les indésirables, car les grands fournisseurs de messagerie sont devenus plus stricts.
Les automatisations simples qui rapportent
Une campagne courriel ponctuelle demande un effort à chaque envoi. Une automatisation se configure une fois, puis travaille en continu. Trois scénarios couvrent l’essentiel.
La série de bienvenue
Dès l’inscription, un premier courriel remercie, annonce ce que l’abonné recevra et présente votre offre principale. Quelques jours plus tard, un deuxième explique ce qui vous distingue ou répond à la question que vos clients posent le plus souvent. Un abonné n’est jamais aussi attentif qu’au moment où il vient de s’inscrire.
La relance après soumission
Bien des soumissions restent sans réponse parce que le client a oublié ou hésite encore, pas parce qu’il a dit non. Une relance automatique quelques jours après l’envoi, suivie d’une seconde une semaine plus tard, récupère une partie de ces ventes. Ce seul scénario peut améliorer votre coût par acquisition, puisque vous avez déjà payé pour attirer ce prospect.
La demande d’avis après achat
Quelques jours après une livraison ou la fin d’un mandat, un courriel remercie le client et l’invite à laisser un avis sur votre fiche Google Business Profile. Les avis nourrissent votre visibilité locale. Faites cette demande à tous vos clients, sans offrir de récompense en échange : les règles de Google l’interdisent.
L’IA accélère le travail : variantes d’objet, première version d’infolettre à partir de vos notes, segments suggérés selon l’historique d’achat, tests A/B. Plusieurs outils d’envoi intègrent ces fonctions, et des assistants comme ChatGPT, Claude ou Gemini font le reste. La connaissance de vos clients et la décision d’envoyer restent entre vos mains ; voyez notre billet sur l’IA au service de la productivité des PME.
Mesurer une campagne courriel : les indicateurs qui comptent
Parmi les nombreuses statistiques de votre outil, quatre suffisent pour piloter.
- Le taux d’ouverture, à lire avec prudence. Depuis 2021, la protection de la confidentialité de l’app Mail d’Apple charge souvent le contenu des courriels à l’avance, ce qui compte comme une ouverture même si personne n’a rien lu. Ce chiffre gonflé sert à comparer vos envois entre eux, pas comme mesure absolue.
- Le taux de clic : la proportion de destinataires qui cliquent sur un lien, meilleur indicateur de l’intérêt réel.
- Le taux de désabonnement : quelques départs à chaque envoi sont normaux. Une hausse soudaine signale un problème de fréquence, de pertinence ou de ciblage.
- Les ventes attribuées : les achats, réservations ou demandes de soumission qui découlent d’un courriel. Ajoutez des paramètres UTM à vos liens pour les suivre dans Google Analytics.
Le dernier indicateur est celui qui intéresse vraiment un dirigeant. Pour l’intégrer à un tableau de bord global, consultez notre billet sur les métriques marketing à suivre en PME.
Ce que nous faisons chez DVCOM
Chez DVCOM, nous partons de ce que nos clients possèdent déjà : les contacts éparpillés dans le logiciel comptable, le CRM ou la boîte de réception. Nous vérifions d’abord sur quel consentement repose chaque groupe de contacts, puis nous les regroupons dans un outil adapté, avec des formulaires d’inscription conformes sur le site web.
Nous mettons ensuite en place les automatisations de base et un calendrier d’infolettres réaliste pour l’équipe. L’IA nous aide à produire et à tester plus vite ; le suivi des ventes attribuées indique ce qui mérite d’être poursuivi. Le courriel s’intègre alors aux campagnes Google Ads et Meta Ads au lieu de fonctionner en vase clos.
→ Découvrez notre approche sur notre page Campagnes de conversion.
FAQ — Infolettre et marketing par courriel pour PME
Qu’est-ce que le marketing par courriel pour une PME ? C’est l’envoi de messages à une liste de personnes qui ont accepté de vous lire : clients, anciens clients et prospects. Il prend la forme d’infolettres, d’offres promotionnelles et de courriels automatisés, comme une série de bienvenue ou une relance après soumission. C’est le seul canal qu’une PME possède entièrement, sans payer chaque contact.
Comment créer une infolettre conforme à la LCAP ? Recueillez un consentement exprès au moyen d’une case non cochée d’avance, identifiez votre entreprise dans chaque envoi avec des coordonnées valides et offrez un lien de désabonnement simple, traité rapidement. Au Québec, la Loi 25 demande aussi d’expliquer à quoi serviront les renseignements recueillis. Pour une situation précise, consultez un conseiller juridique.
À quelle fréquence une PME devrait-elle envoyer son infolettre ? À titre indicatif, une à deux infolettres par mois conviennent à la plupart des PME. Le critère décisif est la régularité : mieux vaut un envoi mensuel tenu toute l’année qu’un rythme hebdomadaire abandonné après deux mois.
Le taux d’ouverture est-il encore un bon indicateur ? Il est devenu peu fiable, car la protection de la confidentialité de l’app Mail d’Apple provoque des ouvertures automatiques qui gonflent le chiffre. Servez-vous-en pour comparer vos envois entre eux, et fiez-vous plutôt au taux de clic, au taux de désabonnement et aux ventes attribuées.
Pour situer où vous en êtes, essayez notre outil gratuit Conformité à la Loi 25. Et si vous préférez en discuter de vive voix, écrivez-nous.





